21 Jan. 2017 — 25 Mars 2017

Théodore mann Periode verte 2016

«...Pour cette série, je travaille bien souvent le soir, la nuit et dehors. Chaque fois que je me mets au travail, je suis toujours surpris d’en arriver à ne plus ressentir le froid d’un hiver approchant à grands pas. Cette matière, que je ne saurais considérer avec moins d’humanité que celle de ma propre peau, se paie donc le luxe de me placer en étrange fantôme face à la réalité. J’avais également indiqué – il y a peu à Christophe – que ces dernières choses soient comprises comme des « structures sentimentales ». Le calcul y est banni (évidemment), les rapports aux verts, les parties gravées ou rehaussées et les lignes, doivent être appréhendés non comme des espaces, mais comme des poids (pour moi, la lecture a envisager est donc clairement gravitationnelle); chaque poids pris indépendamment jouant pleinement son rôle dans la réussite ou pas de ce qui deviendra le juste équilibre ou l’harmonie la plus judicieuse. Le tout tendant à s’approcher au plus près d’une combinaison doublement essentielle; celle d’une matière dont (je crois pouvoir le dire sans rougir) je suis littéralement tombé amoureux, et l’autre, une écriture m’ayant offert la possibilité d’exprimer ce qu’il y avait de plus enfoui en moi. Vous le savez, le papier a été mon fidèle compagnon de ces dernières années. Je l’ai toujours travaillé avec attention et profond respect. Si dans les travaux passés j’ai pu réussir à le porter vers certaines expressions sincères, je crois qu’avec cette série, il s’agit bien d’autre chose. Tout bonnement, sans pour autant avoir ressenti le poids de la contrainte ou même celui de l’effort, j’ai pris sa place. Il réside donc bien ici une certaine confusion. Pour cette série, j’ai eu comme la vague impression de ne plus agir comme élément extérieur à la chose, mais bien de l’intérieur, comme fragment même de la chose en devenir...»

Théodore Mann - décembre 2016